Bienvenue à Taizé
Introduction
Sur une colline de Bourgogne, près de Cluny, des centaines de jeunes discutent en toutes les langues.
Nous sommes dans la communauté des Frères de Taizé, fondée par Frère Roger dans les années 1940.
La vocation de cette communauté oeucuménique est d'accueillir des jeunes du monde entier afin que chacun découvre ou redécouvre un sens à sa vie. En rencontrant des jeunes de différents pays, de différentes religions, de différentes cultures, on n'a plus peur de ceux que l'on ne connait pas : on devient plus ouvert, plus tolérant.
Concrètement, les séjours durent une semaine (du dimanche au dimanche), toute l'année. L'été, on y trouve de 3000 à 7000 jeunes de 17 à 30 ans, venant de plus de 60 nations. Il y a aussi des séjours adaptés aux 15-16 ans, aux adultes de plus de 30 ans et aux familles avec enfants.
Les rencontres
Un but essentiel de Taizé est de rencontrer les autres. A la communauté, il y a ainsi 2 temps de rencontres par jour, d'environ 2 heures chacun. Un des deux commence par une introduction faite par un Frère. Le thème est toujours humaniste : la joie, la douleur, la solidarité, le pardon, l'engagement... Le Frère s'appuit sur la lettre annuelle de Frère Roger et sur des textes bibliques, puis nous pose des questions.
Pour y répondre, nous sommes répartis en groupe de 10, selon des méthodes de répartitions astucieuses afin de séparer (momentanément !) ceux qui sont venus ensemble. Le groupe demeure le même toute la semaine. Chaque groupe comporte un animateur. Ce dernier est un jeune comme les autres, s'étant porté volontaire le jour de son arrivé. Son rôle est de veiller à ce que chacun s'exprime et comprennent les autres dans le groupe. Il coordonne les traductions, souvent indispensables.
Comme les gens viennent pour parler, écouter et comprendre, on va vite à l'essentiel. Le réponses aux questions sont souvent prétexte à des histoires authentiques, émouvantes, étonnantes.
La deuxième rencontre varie selon le programme choisi à l'arrivée. Il peut s'agir de témoignages suivis de débats autour de jeunes du bout du monde, ou d'un temps de travail en équipe au service de la communauté, ou encore de réflexion personnelle à la lecture de textes bibliques. Par ailleurs, les fanas de musique peuvent choisir la chorale.
En basse saison, il n'y a pas vraiment de programme distinct et tout le monde fait un peu de tout.
Il y a aussi de nombreuses rencontres informelles tout au long de la journée : dans la file d'attente des repas, ou assis sur les poutres qui longent la route, ou encore dans les dortoirs et les grandes tentes. Le soir venu, la plupart se retrouvent à Oyak, nom donné à une cafétéria autour de laquelle les gens discutent, chantent et dansent. Chacun y montre son folklore : flamenco espagnol, contes africains, musiques des pays baltes ou chants écossais. Les tubes mondiaux sont repris en coeur par tous (les Cranberries en 1995, Oasis et la Macaréna en 1996 !).
Les temps de prières
Après avoir rencontré les autres, il est temps de se rencontrer soi-même. Les temps de prières permettent de faire une pause dans ce tourbillon de découvertes. Il y en a 3 par jour, de 3/4 d'heure à 1 heure chacun.
On est mis en condition par des chants méditatifs constitués d'une courte phrase qui se répette, pendant que des sollistes chantent les couplets. Les chants ne sont jamais dirigés. Pourtant, des milliers de personnes chantent ensemble, faisant parfois de sublimes canons à plusieurs voix. Les chants sont alternativement en anglais, français, allemand, latin, espagnol, italien ou polonais, et souvent traduits sur les livrets.
Entre les chants, un psaume, un passage d'Evangile et des intentions de prières (souvent pour la paix dans le monde) sont lus.
Dans cette ambiance recueillie, chacun vit ce temps à sa façon. Certains prient Dieu, Jésus, Marie ou qui ils veulent. D'autres pensent au sens qu'ils comptent donner à leur vie et se remettent en question. D'autres encore repensent à leurs rencontres de la journée et essaient d'intégrer ce qu'ils y ont appris. Enfin, certains ne font rien et se laissent porter par les chants.
Ne soyez surtout pas effrayés par ces presque 3 heures de prière par jour : ce sont de paisibles moment qui passent très vite. D'ailleurs, le soir, des jeunes restent sponanément pour se recueillir et chanter. On se surprend parfois à retourner dans cette église la nuit avant d'aller se coucher.
La vraie vie quotidienne là-bas !
Je suis sûre que votre esprit fourmille de questions. Alors, cliquez ici !
Pourquoi j'ai tenu à vous présenter Taizé ?
Je suis allée plusieurs fois à Taizé, et chaque séjour m'a beaucoup appris tout en me faisant passer d'inoubliables vacances. Depuis 1995, j'y suis allée 2 fois une semaine et j'y ai travaillé pendant un mois. De plus, j'ai participé à la rencontre européenne de Stuttgart, en décemre 1996. J'ai ainsi une vision assez globale de l'endroit, y compris l'envers du décor.
Grâce à Taizé, j'ai pu rencontrer des jeunes de nombreuses nationalités différentes. A quelques heures de mon domicile, j'ai eu l'impression de faire le tour du monde sans bouger. Moi qui avais toujours détesté l'histoire-géo, je me suis passionnée pour les histoires authentiques de ces gens. Un basque espagnol m'a parlé du nationalisme basque, une roumaine de l'économie locale, une lithuanienne des systèmes scolaires, un kenyan du SIDA en Afrique, une fille de Malaisie de la condition féminine dans le Sud-Est asiatique, un Mexicain de la corruption au Mexique, des Hollandais de la drogue au Pays-Bas ... Grâce à eux, j'ai considéablement progressé en anglais et en espagnol. De plus, toutes ces rencontres m'ont permis de mieux aborder les gens différents et de mieux comprendre les étrangers venant s'installer en France.
Du point de vue personnel, certaines discussions m'ont fait réfléchir. Là-bas, les masques tombent vite, et on y parle d'essentiel. J'ai pu mieux comprendre mes attitudes, mon comportement. Les longues heures de prières et la ferveur des jeunes m'ont fait admettre que je croyais plus en l'Homme qu'en Dieu. J'ai compris que l'essentiel pour moi était d'essayer d'aimer son prochain et de l'aider. La religion est un moyen comme les autres d'arriver à ce but, mais le plus important pour moi est le but : l'Homme. Peu m'importe que les gens soient catholiques, protestants, catholiques, musulmans ... ou athés, du moment que le but est le même. Moi qui avais toujours fréquenté les aumôneries catholiques sans trop me poser de questions, j'ai compris que je n'avais jamais vraiment cru en Dieu. En revanche, j'ai une espérance mystérieuse en l'Homme. De plus, je crois toujours que les croyances et les religions peuvent être utiles quand elles sont vécues à bon escient.
Ceci n'est qu'un exemple de mon évolution. Dans cette époque où on court après le boulot, les études, les copains, il est bon de s'arrêter une semaine pour réfléchir un peu.
Le site officiel de Taizé
Afin de rester en contact avec les jeunes de toute la plančte, la communauté de Taizé a monté son site Web. Les pages sont traduites en 10 langues (français, anglais, allemand, italien, hongrois, espagnol, hollandais, polonais, chinois et coréen). Vous y trouverez un descriptif, des témoignages, des publications (dont la célèbre lettre annuelle de Frère Roger), des extraits de chants, des formulaires d'inscriptions ...
Pour leur rendre visite : http://www.taize.fr/